Je crée ce que je crains
Cette phrase m’a longtemps intriguée. Et puis, avec le temps, avec les rencontres, avec les chevaux… elle a pris tout son sens.
Quand je crains de ne pas être à la hauteur, je me tends, je me referme, j’essaie de tout contrôler. Et souvent, ce que je redoute finit par se produire. Non pas par hasard, mais parce que ma peur devient le centre de mon attention. Et là où va mon attention, va mon énergie.
Nos peurs façonnent nos comportements, nos postures, nos mots. Elles colorent nos relations, nos décisions, nos résultats. Et sans en avoir conscience, nous créons exactement ce que nous voulions éviter.
Avec les chevaux, cela se voit immédiatement. Si je crains qu’il s’éloigne, il s’éloigne. Si je doute de ma légitimité, il ne me suit pas. Le cheval ne “punit” ou ne « juge » pas : il révèle. Il reflète notre état intérieur, avec une justesse qui ne ment pas.
L’expérience montre concrètement que notre état intérieur crée notre réalité relationnelle, humaine ou animale.
Alors, la question devient : Et si, plutôt que de fuir nos peurs, nous les accueillions comme des messagères ?
La peur nous montre un endroit en nous qui appelle à être vu, reconnu et apaisé.
En la regardant avec bienveillance, on cesse de lui donner le pouvoir de créer à notre place.
L’acte conscient - la clé – ce n’est pas de ne plus avoir peur mais d’observer la peur sans s’y identifier.
Cela permet ainsi de créer à partir de la conscience, plutôt qu’à partir de la crainte.

